16 septembre 2021

Un mois après la tragédie de Méron…

Voici quelques mots à partir d’une brochure du rav Biderman Chlita et d’un Dvar Thora d’un rav de la Yechivath Slobodka sur l’événement tragique qui a secoué tout Erets Israël le mois passé avec la tragédie de Méron.

Cette catastrophe dépasse de beaucoup d’autres événements qui ont pu se dérouler en terre sainte d’Israël et ce, depuis des dizaines d’années… Le lieu Meron et la date Lag Baomer sont beaucoup plus qu’un symbole. Car Méron est l’endroit de sépulture du Tsadik Rabbi Chimon Bar Yohaï qui a écrit le saint Zohar. Et le Lag Baomer est la date de son départ pour les mondes supérieurs…

Le Maguen Avraham, grand décisionnaire sur le Choul’han Aroukh, rapporte les écrits du Ari Zal (131.17). Il écrit qu’il y avait à l’époque du Ari, a la fin du 16° siècle à Safed, un homme qui avait l’habitude de dire dans sa prière quotidienne le passage que l’on récite le jour du 9 Av : « Qu’Hachem nous envoie la consolation de la destruction de Jérusalem et du Temple »… Or, ce Tsadik est venu à Méron sur la tombe de rabbi Chimon le jour de Lag Baomer et a fait comme à son habitude, la prière de la consolation sur la destruction du Temple… Après qu’il eu fini sa prière, le Ari Zal est venu à sa rencontre en lui disant : » J’ai vu en chair et en os le saint Rabbi Chimon se tenir sur son tombeau et il me dit : « Demande à cet homme : Avraham Lévy, pourquoi lit-il le passage des endeuillés le jour de ma joie ? C’est certain… il  aura besoin rapidement de recevoir la consolation de la communauté… » Fin des paroles de Rabbi Chimon. Le Ari a écrit que cet homme, celui qui  priait sur le tombeau de rabbi Chimon ne finirait pas ce mois qu’il perdrait son fils –qu’Hachem nous en garde- et qu’il recevra la consolation de ses proches… ». Fin des écrits du Ari.

De là, on voit que le jour de Lag et un jour de grande joie… Donc comment comprendre qu’une telle catastrophe ait pu se dérouler dans un lieu saint à une date si positive ?

Le Rambam (Ta’anith 1.2) écrit : « Au moment de la catastrophe et de la difficulté, un homme devra crier et implorer Hachem… Car c’est à cause de ses fautes qu’arrive l’épreuve. Et, de cette manière, on pourra enlever cette difficulté. Mais, si au contraire on ne prit pas ni on ne fait d’introspection sur nos actions et que l’on dise : c’est l’habitude du monde qu’il existe des catastrophes… c’est dû au hasard. C’est une manière cruelle de voir les choses et cela entraînera que l’homme continuera à mal agir… Le mal persévérera et les catastrophes se succéderont. Si vous dites que c’est le hasard, alors Je (Hachem) rajouterai de Ma colère… ». C’est-à-dire que le Rambam enseigne un grand principe. Les évènements difficiles de la vie ne proviennent pas d’un jeu de hasard. Par exemple de dire que c’était dû à une barrière mal placée qui entraînée la catastrophe… Ce n’est pas juste, bien que, s’il y a eu faute de la part de certains corps étatiques il faudra juger l’affaire. Mais le principe reste : il n’existe de punition que s’il y a faute au préalable. Seulement en disant cela, on aura résolu que la moitié du problème. Cependant, nous n’avons pas de prophète qui vienne nous dévoiler la raison profonde.

Une fois, un rescapé de la Shoa est venu voir le ‘Hazon Ich , la sommité en Tora –décédé en 1953. Et ce survivant était encore affecté de toutes les horreurs qu’il avait vu durant la guerre. Il demanda au Hazon Ich : « Pourquoi D’ a laissé pareille chose se faire ? » Le Hazon Ich lui demanda de s’approcher. Sur sa table était placé une Guemara. Il l’ouvrit et demanda au rescapé qu’il lui explique un Tossafoth, commentaire sur la Guemara. L’homme examina le passage et commença son explication. Dessus, le Hazon Ich lui posera une série de questions très ardues jusqu’au point où notre homme ne savait plus quoi répondre… Le Hazon Ich lui dit : »Si pour un Tossafoth, tu n’as pas de réponse à donner, alors qu’elles sont tes revendications quant à la conduite du Créateur du Monde ? Comment peux-tu prétendre comprendre la manière d’agir du Tout Puissant ?« .

Donc on aura compris que la première des choses à faire c’est de se renforcer dans la foi et la confiance en D’. Ce qu’Il fait c’est pour le plus grand des biens. Comme le verset le dit : « Juste et Droit, le D’ de la foi… Il n’existe pas d’injustice« . Car dans la Tora, il n’existe pas de punition uniquement pour châtier le fautif. Mais, il s’agit de punition afin de réhabiliter le fauteur afin de lui faire hériter du monde à venir. Donc Hachem peut agir dans ce monde sous le sceau de la justice et de la sévérité, mais c’est afin de nous faire accéder au monde à venir : le Paradis (Gan Eden).

De plus, la Tora enseigne qu’il existe le concept de sacrifice qui vient expier les fautes de la communauté. En effet, l’animal approché sur l’autel avait la faculté de laver la communauté des fidèles. Pareillement, le Clall Israël est une entité soudée et lorsque des Tsadikim disparaissent, cela amène l’expiation des fautes de la collectivité. C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle quelques jours seulement après cette tragédie, les Ismaélites ont lancés des milliers d’engins en tout genre en direction des villes de la Terre Sainte, et pourtant les dégâts furent minimes, en comparaisons avec le nombre de roquettes envoyées, qu’Hachem panse toutes les plaies et guérisse les blessés : Béni soit Hachem !  Comment comprendre ce grand mystère, cette formidable protection du peuple de Tsion, si ce n’est que ces 45 Saints ont dû prier devant Hachem afin qu’il n’y ait pas de catastrophe ? Si mes lecteurs ont d’autres explications sur les miracles de cette guerre, je serais très content d’en avoir connaissance….

Cependant, comme la Tora est un livre d’enseignement, et donne aux hommes la marche à suivre et pas seulement du domaine des estimations, suggestions de ce qui se passe dans les Cieux… Les Rabanim ont mis en exergue le fait que cette catastrophe s’est déroulée durant la période de l’Omer entre Pessa’h et Chavou’oth, lorsque les 24000 élèves de rabbi Akiva périrent. La Guemara enseigne qu’il s’agissait d’un manque de Kavod, d’honneurs entre eux. Donc, il serait judicieux que nous fassions plus attention au respect dû à notre prochain. On fera attention à notre manière de parler. Par exemple, on s’efforcera de ne pas rabaisser ses proches même les jeunes enfants et au lieu de dire : »Tu n’es qu’un… », on prendra une bouffé d’oxygène et on dira d’un air serein : »Dis-moi, David pourquoi as- tu cassé l’assiette qui trônait depuis des années dans la vitrine ? » On essayera d’avoir un dialogue avec son entourage sa femme, ses enfants, ses collègues de travail… Ainsi on élèvera son prochain et de cette manière naîtra une atmosphère de paix et de tranquillité qui sont les meilleurs moyens afin de recevoir la bénédiction du Tout Puissant dans nos familles et la communauté.