17 avril 2021

VOUS AVEZ DEMANDÉ HACHEM, NE QUITTEZ PAS

Nous voilà enfin arrivés à la dernière étape de cette fabuleuse soirée du Sédère : NIRTSA, l’agrément, l’approbation. Car nous espérons bien sûr qu’Hachem agrée notre Sédère et nous accorde une récompense entière.

Mais quel est le but de cette étape, Nirtsa ? Que devons-nous faire ? Il n’y a plus rien à manger, à dire, à bénir. Chanter peut-être, mais encore…

C’est une Mitsva de raconter le récit de la sortie d’Égypte après le Sédère, autant qu’on en est capable. En effet, la Mitsva de la Hagada et du récit de la sortie d’Égypte dure toute la nuit, jusqu’à ce que l’on tombe de sommeil, comme l’a fixé Marane HaChoul’hane Aroukh : “L’homme doit étudier les lois de Pessa’h et la sortie d’Égypte, raconter les miracles et prodiges qu’Hachem a accomplis en faveur de nos Pères jusqu’à ce que le sommeil l’emporte.”

Le Rav Nissim Perets Zatsal avait pour habitude de dire chaque année : « N’attendez pas que le sommeil vous emporte ! Emportez le sommeil ! ». Il expliquait qu’à l’issue du Sédère, il ne fallait pas aller mettre son pyjama mais au contraire, rester à table, en famille, en groupe, pour continuer à raconter les merveilles de la sortie d’Egypte. « Ne soyez pas comme celui qui va directement au lit après le Sédère. Le sommeil n’a même pas besoin de l’emporter, il s’est déjà porté volontaire! C’est comme s’il disait : ’va-y, prends-moi !’ »

Nous devons savoir qu’il n’y a pas de soirée semblable dans le calendrier juif. Pourtant, nous avons l’habitude de faire des veillées qui, elles, durent toute la nuit : le dernier soir de Soukot et celui de Chavouot, durant lesquels nous étudions la Torah, chantons des Tehilim, effectuons des Tikounim… Et cette nuit de Chavouot est fondamentale, car nous y recevons la Torah. Pourtant, tout en étant de première importance, ces veillées ne sont en réalité que des minhaguim, des coutumes. Par contre, le soir de Pessa’h, nous avons un devoir déOraïta, c’est-à-dire que c’est une halakha ordonnée par la Torah, de raconter la sortie d’Égypte jusqu’à ce que le sommeil nous emporte !

Le Rav Nissim Perets zatsal explique cela à travers la parabole suivante :

Un homme voulait présenter une requête au roi. Évidemment, il était au courant de la difficulté de la tâche. Il s’efforça pourtant de trouver un moyen de communiquer avec le roi. De fil en aiguille, il établit des contacts par ci par là, et on lui expliqua que le seul moyen de pouvoir communiquer avec lui serait par téléphone. Seulement le problème, c’était d’obtenir son numéro, qui était détenu par quinze personnes.

Il se rendit auprès de la première qui, après de nombreuses questions, accepta de lui dévoiler le premier chiffre. Puis il se rendit que la deuxième, et ce ne fut qu’après un long interrogatoire qu’il obtint le second chiffre. Et ainsi de suite jusqu’à qu’il obtînt, enfin, LE numéro de téléphone complet du roi. Mais attention, le prévint-on, ce numéro n’est utilisable qu’une seule fois.

Notre homme s’apprête à composer le fameux numéro de téléphone, 01..05…08… etc. Suspense… ça sonne…

Lorsque soudain le roi décroche, « Allo ?….. allo ?…. allo ? », notre homme ne répond pas. Que s’était-il passé ? Notre homme venait de s’endormir ! Quel dommage…

Nous aussi, comme cet homme, désirons parler au Roi des rois. Nous aussi avons cherché ce « numéro » et composé ce numéro à quinze chiffres : kadech, our’hats, karpass, ya’hats… pour arriver à nirtsa.

Hakadoch Baroukh Hou est là. Il nous attend, Il attend qu’on lui parle ! Ne soyons pas comme cet homme, n’allons pas dormir…

Puisons toutes nos forces pour ce moment exceptionnel. Levons-nous ! Ce n’est plus le moment d’être accoudé, mais de raconter avec force et joie tous les miracles d’Hachem.

Nous vous conseillons dans ce but de reprendre les textes qui énumèrent les 10 plaies, ainsi que tous ceux qui exposent avec quelle puissance Hachem nous a fait sortir d’Egypte.

Puisse Hakadoch Baroukh Hou donner à chacun d’entre nous la force d’accomplir cette fabuleuse Mitsva de plus belle manière qui soit, Amen.

Pessa’h Cachère vé Saméa’h