25 juin 2022

Wort sur la Paracha…Béhoukotaï

« Et Je Me ressouviendrai de Mon alliance avec Yaakov ; Mon alliance aussi avec Its’hak, Mon alliance aussi avec Avraham, Je M’en souviendrai. » (Vayikra 26, 42)

Dans son ouvrage Matsa ‘Haïm, Rabbi ‘Haïm Nissim Réphaël Moutsari zatsal explique pourquoi nos ancêtres sont mentionnés dans le passage évoquant les malédictions. D’après nos Sages (Sanhédrin 38a), D.ieu créa un seul homme au départ, Adam, car, s’Il en avait créé deux, cela aurait été préjudiciable pour l’humanité entière : les justes descendant d’un juste auraient pensé ne pas avoir besoin de s’éloigner du péché, estimant qu’ils ne succomberaient jamais, tandis que les impies descendant d’un impie auraient cru ne pas être en mesure de se repentir. Quant au mécréant descendant d’un juste, il n’aurait pas eu d’argument pour sa défense, puisque, si son père était un juste, cela prouve qu’il détenait lui aussi ce potentiel.

Ainsi, le fait de mentionner nos patriarches représente, pour nous, un chef d’accusation. En effet, si nos pères avaient été des impies, nous aurions disposé d’un argument – quoique mensonger et provenant de notre mauvais penchant – pour justifier nos manquements. En évoquant la piété de nos ancêtres, l’Eternel invalide même ce prétexte.

Pourquoi la Torah utilise dans le verset “Quand vous viendrez vers le pays” le terme « vous viendrez » plutôt que « vous irez » qui parait plus logique puisque les Bnei Israël étaient encore dans le désert ?

Le Alchi’kh répond qu’Eretz Israël est la place authentique et naturelle des juifs, la source de leur neshama. C’est pour celaque tout mouvement vers ce pays est désigné sous le terme

de « venue ». En revanche, aussi longtemps qu’ils se trouvent dispersés en exil, ils ne sont pas encore venus à leur place véritable. D’autre part, chaque déplacement à partir d’Eretz Israël est considéré comme un départ et donc la Torah dans ce cas utilise le verbe « aller ».

“Et ils trébucheront l’un sur l’autre comme à la vuede l’épée,sans que personne ne les poursuive. Vousne pourrez-vous maintenir devant vos ennemis”(26,37)

Nos Sages ont compris ce verset comme signifiant qu’un seul homme dans la communauté juive peut trébucher (et être puni) à cause des péchés d’un autre membre de la communauté juive.Pourquoi ? « Parce que tous [les juifs] sont responsables les uns des autres. » (guémara Sanhédrin 27b -Chékoulam Arévim Zé Bazé)

Le Rav Yéhouda Zev Segal (Roch Yéchiva de Manchester) écrirt :« Fondamentalement, tous les juifs ne font qu’un. Nos âmes sont toutes unies et dans chacune d’elles se trouve une partie de toutes les autres. Nous nous partageons tous ce qui est connu sous la dénomination de Néchama (l’âme) du Klal Israël. Ce concept est à la base du principe : « Tous les juifs sont responsables les uns des autres »  (Guémara Chavou’ot 39a – Kol Israël Arévim Zé Bazé). Puisque chaque âme juive possède une partie de toutes les autres, si un juif pèche, sa faute affecte non seulement sa propre âme mais aussi l’âme collective d’Israël. Inversement, si l’un accomplit une bonne action, l’âme collective de tous les juifs s’en trouve grandie. » On demanda un jour au Ari zal pourquoi il récitait les prières de confession à Yom Kippour alors qu’il savait pertinemment n’avoir pas commis la plupart des péchés mentionnés dans cette longue liste.Il répondit : « Je n’ai sans doute pas commis certaines de ces fautes, mais je connais des gens qui ont péché et que je n’ai pas empêchés de fauter et de récidiver.Je suis donc, moi aussi, coupable. » (Au délice de la Thora)