Parachat Ki Tavo – Alors que tu avais toutes les possibilités

Dans la 6° montée est égrenée une suite de malédictions et de mauvais décrets. Le Ohr Ha’Haïm explique que le début de toutes ces grandes catastrophes est provoqué par le fait que le Clall Israel se détourne de l’ETUDE DE LA THORA! Comme il est dit: ‘Celui qui se détourne de la Thora se détourne du Créateur Lui-même!! ‘D’entre toutes les énumérations de ces malédictions un verset fait comme une coupure: « A cause du fait que tu n’as pas servi Hachem avec JOIE et BON COEUR alors que tu avais toutes les possibilités (matérielles)/Mérov Kol alors tu serviras tes ennemis dans la famine et la misère, et tu porteras sur ton cou un joug de fer etc.etc. » Dévarim 28.47.La Thora vient nous dire qu’une bonne partie des malédictions qui suivront dépendent du manque de joie dans le Service Divin! Le Zihron Yossef rapporte 2 explications.

1° D’après le Ari Zal (rapporté dans le ‘Hayé Adam 67.13) disant que de ce verset on apprend qu’un juif doit être HEUREUX dans l’application des MITSVOTS plus encore que la joie que peuvent lui procurer tous les grands plaisirs de ce monde! Plus encore que les diamants et pierres précieuses!! C’est la signification de « Rov Kol »: de tous les plaisirs. Le niveau est franchement très élevé! Et que dirons nous, nous, le commun des mortels, qui ne sommes pas encore(!) arrivés à ce niveau? Et aussi, comment comprendre la suite du verset qui fait dépendre de ce manque de joie toute une succession de malédictions terribles?!

 2° explication beaucoup plus proche de notre niveau c’est celle de Rachi et du Or HaH’aim. On parle dans le verset d’un homme qui a le « Rov Kol », c’est à dire qui a tous les moyens matériels pour servir son Créateur. Il a la belle maison, le bon salaire tous les mois, la/les voiture(s). Pourtant, il ne fait RIEN: pas de Chabbath, ni de Téphilots etc. un vrai ‘Misquen’! C’est de ce genre de personne que la Thora parle. D’après cela, la lecture de la Paracha nous sera beaucoup plus clémente : « alors que tu avais tout (Rov Kol), tu n’as pas servi ton D.ieu etc. »!!

On finira par l’explication du Maguid Michné qui nous donne une des clefs pour accéder à cette joie…: ‘ Un homme doit trouver la joie dans le service d’Hachem parce que c’est son libre choix de faire le Bon et le Vrai. Le fait qu’un homme sait que ce qu’il fait c’est le Vrai Bien ultime sur terre c’est la clef de la JOIE. Car on sait bien que toutes les choses sur terre ne sont que futilités et n’ont pas d’importance! Le fait de s’occuper des choses véritables qui sont la Thora et les Mitsvots, cela amène la joie véritable. Car en cela l’homme comprend et accomplit le but de sa venue sur terre!!’.

Une fois un homme d’âge mûr, visiblement complètement étranger à l’endroit, est arrivé dans une des synagogues de Toronto au Canada. Le Rav de la Beth Haknesseth: le Rav Yacov Kaméniétsky Zatsal s’approche de lui, et lui demande cordialement s’il cherche un Sidour ou une Téphila etc. L’homme lui répondit que non. Le Rav ayant des doutes sur la judaïcité de notre invité de passage  lui demanda directement s’il était Juif. La réponse était affirmative et pour lui en donner la preuve il lui récita par cœur le verset de notre Paracha: « Ta’hat Acher Lo Avadta Et Hachem/du fait que tu n’as pas servi ton D.ieu alors que tu avais les possibilités etc.. » (Devarim28.47)  Il continuera encore quelques versets mentionnant  les malédictions qui suivent.

La surprise fut très grande pour le Rav, et il lui demanda de quelle manière il connaissait ces versets tout à fait inhabituels pour le commun des mortels alors qu’il ne connait même pas le ‘b-a ba’ du judaïsme? Il lui répondit que durant la guerre il se trouvait à Auschwitz. Là-bas il faisait partie d’un groupe de travail qui devait amener d’un bout à l’autre du camp des sacs très lourds de ciment. Et tout ça, au pas de course! Parmi ce groupe ‘d’esclaves’ se trouvait un Juif qui à chaque moment de cette course sans fin récitait à haute voix: « Ta’hat Acher Lo Avadta Et Hachem… » (Précisément les versets de notre Paracha qui traitent des malédictions…) Le Rav lui demanda de qui il s’agissait.  Il lui répondit qu’il s’agissait de l’Admour de Klauzenbourg qui faisait partie de leur section et répétait tout le temps ces versets! C’est tout ce que je connais de notre Thora. Fin de l’anecdote.

Et c’est certainement grâce à ces versets de la Thora que le Rav de Klauzenbourg a trouvé dans ces terribles moments la force de surmonter ces épreuves. Car certainement qu’il avait DEJA compris que s’il y a colère divine c’est qu’il y a faute du Clall Israel  ! Et qu’à Auschwitz ce n’était pas le silence d’Hachem -comme certains l’on dit – mais au contraire une grande colère du Créateur contre son Peuple aimé qui s’est détourné de Lui !!

Rav David Gold 00 972.390.943.12

Parachat Ki Tavo – L’influence visuelle

« Maudit soit quiconque n’accomplira pas (YAKIM) les paroles de cette Torah-ci pour les faire… » Devarim 27;26

Les commentateurs expliquent de différentes manières le terme Yakim/accomplir, et la signification de ce verset, qui clôt les malédictions.

Une des nombreuses réponses données par nos Sages, est de traduire « Yakim » par lever.

Le Yerouchalmi (Sota 7;4 -Korban Ha Eda), explique qu’il ne s’agit pas d’une Mitsva d’ordre général, mais elle fait référence à celui qui ne lève pas « YAKIM » le Sefer Torah comme il faut. Mistva plus connue sous le nom de la Hagbaa (action de lever et de présenter la Torah à l’assemblée).

Les paroles du Yerouchalmi ont de quoi nous surprendre, surtout que d’après nos connaissances, la Hagbaa n’est pas une Mitsva de la Torah. Qui y a-t-il de si grave de « mal » faire la Hagbaa ?!

Plus encore, la Guémara (Meguila 32a) nous enseigne que celui qui fait la Hagbaa reçoit une récompense qui vaut à elle seule, celle de tous ceux qui sont montés à la Torah!

A cela le Rav Nevenstal pose deux questions :

1-En quoi et pourquoi cette Mitsva est-elle aussi importante ?

2-Si selon le Yerouchalmi, ce verset se rapporte à la Hagbaa et non pas à l’accomplissement des Mitsvot, alors comment comprendre la fin du verset « …pour les faire ». C’est à dire comment relier l’action de la Hagbaa et celui d’accomplir les Mitsvot ?

Dans un premier temps, regardons, comment cette Mitsva est présentée dans la Halakha :

Le Choul’hane Aroukh (134§2) écrit que celui qui fait la Hagbaa doit exposer les lettres du Séfer Torah à l’assemblée…car c’est une grande Mitsva pour les hommes comme pour les femmes de regarder les lettres du Séfer Torah à ce moment-là.

Le Michna Broura (ibid.) rapporte qu’en effet d’après les Mékoubalim (Ari Zal) lorsqu’une personne regarde les lettres à ce moment-là, un grand flux de lumière se déverse sur cette personne. Il semble d’après cela, qu’un des buts de la Hagbaa est de propager de la Kédoucha à l’assemblée qui la captera à la vue des lettres du Sefer Torah.

Par nature, et notre génération le sait mieux que n’importe qui, l’homme est plus influencé par ce qu’il voit, que par tout autre moyen de communication. Il y a certes le poids des mots, mais il y a le choc des photos. Une image vaut mille mots, et cela tous les plus grands publicitaires le savent et l’utilisent sans limite pour influencer la société.

L’acte de la Hagbaa lorsqu’il est bien fait, va révéler aux fidèles une notion de respect, de gloire, de splendeur envers la Torah. Elle est portée, levée, présentée… comme Hamavdil et uniquement pour comprendre : lorsqu’un joueur de foot soulève le trophée, les supporters captent toute la splendeur de la victoire, de l’équipe, du joueur…

Mais si cette Hagbaa, est mal faite, ou faite d’une façon rapide et bafouée, la Torah risque d’être dépréciée aux yeux de ceux qui auront vu cette scène, que D.ieu préserve.

Le Rav explique que même si nous connaissons l’importance de la Torah et que nous la respectons, que nous écoutons les paroles de nos sages, que nous voulons enraciner dans nos cœurs et nos esprits. La vision d’une telle scène aura plus d’influence sur nos actes que sur nos connaissances.

Le phénomène de l’influence déterminante de la vision sur notre comportement est vaste et profond. Il concerne chacun d’entre nous. Afin de nous convaincre que nul n’est écarté de ce phénomène, nous allons rapporter quelques exemples.

Dans la Paracha Ki tissa, l’épisode de la faute du veau d’or met en relief ce phénomène. Il est écrit : «  ce fut quand il approcha du camp et vit le veau, que la colère de Moché s’enflamma, il jeta les tables de ses mains et les brisa au pied de la montagne. » (Chémot 32 ;19).  Bien qu’Hachem informa Moché que le peuple est en train de fauter par le biais du veau d’or, Moché ne brisera les tables qu’après avoir vu le peuple danser autour de l’idole.

Sur cet épisode de nombreux commentateurs posent la question suivante :

Moché avait pourtant déjà entendu de la bouche d’Hachem, que les Bneï Israël fautaient !?

Quelle nouveauté ou surprise y avait-il pour lui, en les voyants ?

L’Alchikh rajoute : pourquoi Moché n’a-t-il brisé lorsqu’il apprit ça de la bouche d’Hachem ?!

Certes il le savait, mais maintenant il le voyait. Et l’ouïe ne laisse pas une impression aussi forte que la vue ! Nous dit la Mekhilta (Parachat Yitro).

Même pour  un homme tel que Moché Rabénou, le plus grand de tous les prophètes, on remarque qu’il y a tout de même une différence entre l’annonce d’un événement et sa vision. Car ce n’est qu’après avoir vu les bneï Israël fauter qu’il les brisa.

C’est ce que vient nous enseigner la Mitsva de la Hagbaa, connaissant la nature de l’homme, la Torah comprend que l’homme ne respectera la Torah que si Elle est levée à une hauteur respectable et de façon honorable. Si la Torah s’est montrée très sévère sur cet acte « Maudit soit quiconque n’accomplira pas … », c’est parce que cet acte d’apparence extérieur à le pouvoir de renforcer ou affaiblir l’homme dans son Avodat Hachem/service Divin.

On peut ainsi déjà répondre à la question posée plus haut, comment comprendre la fin du verset « …pour les faire ». C’est parce que le Yakim, la Hagbaa, la vision de cette « présentation » de la Torah aura une influence directe sur notre conduite.  Cette influence visuelle nous mènera à l’accomplissement, pour les faire.

Revenons à cette interrogation : Pourquoi Moché n’a-t-il brisé les Louhot lorsqu’il apprit la faute des bneï Israël de la bouche d’Hachem ?!

Le Rav Moché Feinstein Zatsal, y répond lors d’une question de halakha: « est-il possible de s’aquitter de la mitsva de bikour ‘holim (visite aux malades) par téléphone ? ». Il rapporta aussi cet épisode afin de prouver l’impact de la vue.et rajoute aussi, que Moché n’a pas brisé les Lou’hot au moment où Hachem lui appris la terrible nouvelle, car Moché compris qu’il y aurait beaucoup plus d’impact à la vision de cet acte, que s’il l’avait fait seul en haut du Har Sinaï. Encore une fois la Torah souligne l’impact de l’influence visuelle.

Mais le Alchikh Akadoch répond autrement à sa question. Il explique qu’en descendant Moché entendit les Bneï Israël chantants, il sentait les Bneï Israël en délire… il pensait que tous ces actes auraient peut-être une réparation, il avait un espoir de téchouva pour les Bneï Israël, qui se seraient éventuellement repentis à la vue des Lou’hot. Mais rien de tout ça, ils continuèrent à chanter et danser autour du veau d’or. C’est à la vue de cela que Moché a abandonné sa première idée, en les voyants heureux dans leur faute, il comprit qu’il n’y avait plus d’espoir.

Comment et pourquoi les Bneï Israël a la vue des Lou’hot ne se sont-ils pas repentis ? Selon tout ce qu’il a été dit plus haut, le phénomène de l’influence de la vision joue un rôle plus qu’important. Comment sont-ils restés insensibles ?!

L’ouvrage Méacher Léavinou, y répond par la parabole suivante:

Un homme avait un fils aveugle qui avait déjà consulté les plus grands médecins dans l’espoir de lui rendre la vue, mais en vain. Un jour, son fils entra dans une boutique et toucha un objet rond. Il demanda à un homme près de lui quel était cet objet. « C’est une ampoule, lui répondit-il. Elle permet d’éclairer dans l’obscurité. » Très heureux, l’enfant appela son père dans la boutique et lui annonça qu’il avait enfin trouvé un remède qui lui permettrait de voir. Un homme venait de lui expliquer qu’une ampoule éclaire dans l’obscurité. Par conséquent, il lui demanda de lui acheter une ampoule ! Triste de décevoir son fils, le père lui expliqua que l’ampoule éclaire seulement les voyants qu’une obscurité occasionnelle empêche de voir. Mais celui dont les yeux ne peuvent pas voir, cette ampoule est inutile.

On comprend mieux pourquoi les Bneï Israël n’ont pas été sensibles à la vue des lou’hot, car au même moment ils étaient dans l’euphorie de leur faute, ils étaient plongés dans la pénombre, ils étaient devenus complètement insensibles.

La vue de l’acte de la Hagbaa vient nous ouvrir notre cœur pour nous sensibiliser et influencer notre comportement vers l’accomplissement des mistvot.

On peut déduire aussi que chacun d’entre nous peut par nos actions et notre conduite influencer son prochain. En accomplissant les mitsvot avec joie et un comportement respectueux, on réalisera un kidouch Hachem qui dégagera un flux d’influence positif et donnera envie aux autres de suivre son exemple pour qu’eux aussi puissent s’é  « lever » et « les faire… »

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Parachat Ki Tétsé – Le retour des égarés

« Tu verras le bovin de ton frère, ou son mouton égaré, et tu ne te détourneras pas d’eux ; rapporter, tu les rapporteras à ton frère. »  Dévarim (22 ; 1)

Le Rambam écrit (Sefer Hamitsvot, Mitsva 269) : « Il nous est interdit de nous détourner d’un objet perdu, au contraire, nous devons le prendre et le ramener à son propriétaire, ainsi qu’il est dit (Dévarim 22 ; 3): « Tu n’as pas le droit de t’abstenir… »

Le Sifri nous enseigne que tout celui qui ne le ramène pas, enfreint à la fois un commandement positif et un négatif. Positif, parce qu’il doit ramener l’objet perdu et qu’il ne le fait pas ; négatif, parce qu’il lui est interdit de se détourner de cet objet, de faire comme s’il ne l’avait pas vu, et qu’il le fait malgré tout.

Nos Sages s’étonnent de la rigueur de la Torah au sujet d’une perte financière que subirait notre prochain dans un tel cas. En effet, s’il a perdu quelque chose, c’est à cause de sa négligence, s’il l’avait mieux gardé, cela ne serait pas arrivé. Or cette négligence va entraîner que celui qui trouvera sa bête sera obligé par la Torah de s’en occuper. C’est-à-dire de prendre sur son temps, de s’occuper de la bête, de la nourrir… jusqu’à retrouver son propriétaire afin de la lui remettre.

Ils élaborent un raisonnement « a fortiori » afin de résoudre cette question. Si la Torah est tellement rigoureuse en ce qui concerne la perte financière de mon prochain due à une négligence, à fortiori l’est-elle en ce qui concerne sa perte spirituelle. Ainsi a fortiori doit-on nous occuper de notre prochain non pratiquant ou non croyant, qui a perdu son lien à la Torah. Quel que soit le milieu d’où il vienne, il se retrouve à présent coupé de La Source, « empêché » de s’intéresser ou de se rapprocher des merveilles de la Torah.

Le Rambam appelle ces Juifs égarés : « Tinok Chénichba », un enfant qui a été capturé, arraché à sa famille, et élevé par ses ravisseurs dans un esprit étranger à celui de la Torah, il faute donc par ignorance. Il existe un autre type de Juifs égarés, celui qui a reçu une éducation Juive convenable, mais qui s’est laissé prendre aux mailles du filet de la tentation du monde extérieur, sa faiblesse l’a donc peu à peu éloigné de la Torah.

Quelle que soit l’histoire de notre prochain, il incombe à chacun de nous de ne pas nous « détourner » de sa perte spirituelle, et de lui « rapporter » ce qu’il a perdu. Il existe malheureusement dans toutes les familles ou entourages proches, une personne qui s’est égarée, la perte peut être plus ou moins grande, mais dans tous les cas, même pour une perte minime, nous avons l’obligation de nous en soucier et de lui rapporter ce qu’il a perdu. La Torah nous dit : bovin ou mouton, (c’est-à-dire grande ou petite perte), tu devras le ramener à son propriétaire.

Il nous semble parfois à tort que le combat est perdu d’avance, que nos paroles seront vaines et ne feront que maintenir voire renforcer les positions de ce pauvre Juif égaré. Alors on n’essaie même pas, et on se contente de nos mérites personnels : notre Chabbat, notre cacherout, nos enfants… On avance tout seul et on laisse l’autre sur le bas côté, détruire sa vie et son Monde Futur.

Essayons de mieux comprendre ce processus grâce au récit suivant :

Comme cela arrive de temps à autre, la ville Plonit, une nuit d’hiver, se trouva totalement privée d’électricité à cause de violents orages. D’habitude après quelques minutes, le courant est rétabli, et les habitants retrouvent la lumière, mais ce soir-là, après une heure, deux heures… toujours rien.

Pourtant les équipes de secours travaillaient dur, et après avoir effectué toutes les vérifications d’usage, elles n’avaient toujours pas compris d’où provenait la panne.

Les ouvriers montèrent alors dans la grande salle de contrôle, où se trouvait le chef de la sécurité du secteur, et à la grande surprise de tous, ils le virent avec un livre à la main, et une lampe posée sur le front, en train de lire tout tranquillement. L’un d’entre eux lui demanda s’il était au courant que toute la ville était sans lumière, et que depuis deux heures tous attendaient qu’il relève les fusibles ! Il leur répondit d’un air nonchalant que ce n’était pas un drame puisque lui avait de la lumière.

Ce n’est pas parce que nous faisons pénétrer la Chékhina dans nos maisons, grâce à nos efforts personnels, et que la Présence Divine, la lumière céleste, inondent nos foyers, qu’il ne faut pas se préoccuper de ceux qui demeurent dans le noir complet : le chaos spirituel. Nous pouvons, comme le montre notre exemple, essayer de relever les fusibles afin de partager notre lumière.

Cependant, de même que pour une vache perdue, nous devons respecter certaines lois afin de la rendre en bon état, de même il faudra ramener la spiritualité perdue sans casse ni fracas.

C’est-à-dire qu’il faudra déployer nombre d’efforts pour faire aboutir notre démarche, mais avec l’art et la manière ! En effet, lorsque l’on se trouve dans une pièce totalement obscure, on ne peut pas tout d’un coup sortir en plein jour par un soleil éblouissant, car alors, notre première réaction serait de fermer les yeux. Redonner une vie spirituelle, raviver cet éclat que tout Juif recèle en lui, doit se faire progressivement.

Si nous le bousculons, si nous voulons le réveiller en ouvrant d’un coup les volets, sa réaction sera de se cacher sous la couverture et nous n’aurons rien gagné.

Pour lui rendre ce qu’il a perdu, nous allons devoir entrer en connexion avec son cœur, qui est la source de tous nos faits et gestes, comme nous l’explique Rabenou Mi Bartenora (Avot 2 ; 9).

Or voici à quels types de réponses nous nous trouvons le plus souvent confrontés dans ce genre de contexte : « Moi je suis un Juif dans le cœur, pas besoin de tout ça.. ».

Ce à quoi nous pouvons lui répondre que la pensée ne suffit pas. Nous avons des enfants et nous les aimons de tout notre cœur, mais si nous ne nous en tenions qu’à cela, nos enfants risqueraient de manquer de tout. Nous les aimons avec le cœur mais nous agissons pour leur bien, c’est-à-dire que nous les nourrissons, les habillons, les consolons et les grondons, chaque fois que c’est nécessaire et par amour.

Et bien pour Hachem, c’est la même chose. Nous L’aimons avec le cœur, nous Lui sommes reconnaissants de tout ce qu’Il nous offre à chaque instant, pourtant cela ne suffit pas : Pour aimer, il faut passer à l’acte, DONNER, sinon l’amour s’étiole… Mais alors c’est quoi être Juif ? Une nationalité ? Une religion parmi d’autres ? Non, c’est avoir reçu l’héritage Divin, le préserver, et le considérer comme le plus précieux des trésors.

On voit par exemple que Hachem a « endurci le cœur de pharaon », ce qui l’empêcha de raisonner.

De là nous comprenons qu’il faut, pour atteindre le cœur de l’autre et le mettre en action, l’attendrir. Un homme sensible, c’est un homme qui pourra agir vers le bien.Il n’y a pas un Juif au monde qui puisse dire qu’il ne croit pas en D.ieu sans qu’il soit en train de se mentir à lui-même.

Qu’Hachem n’ait pas à nous faire subir de dures épreuves, mais que lorsqu’elles surviennent, si elles surviennent, et que la main de l’Homme devient faible et inefficace, notre cœur cherche l’issue. Et la seule porte qui puisse encore s’ouvrir lorsque toutes les autres sont fermées à double tour, est celle qui conduit vers notre Père qui règne dans les Cieux, Qui nous ouvrira tout grands « Ses Bras », après que nous ayons versé des larmes de repentir.

Chabat Chalom

Rav Mordékhaï Bismuth

Paracha Choftim – VALEUREUSEMENT BELLE

« Si tu remarques au sein des captifs une belle femme » (21-11)

La paracha commence avec la loi sur « la belle femme », et nous allons consacrer notre propos à « la femme

valeureuse ». Sachant que « la beauté physique est mensongère » et seulement « la femme qui craint D. sera digne de louange » et sa beauté transparaîtra véritablement. Sachant que l’apparence extérieure, le contenant, n’est pas le plus important dans la vie mais bien le contenu, c’est-à-dire la personnalité et le caractère d’une personne, son être intérieur.

Quel est le secret de la femme valeureuse ? Dans le poème qui lui est dédié (Échet ‘Hayil), sont énumérées les caractéristiques de la femme valeureuse, même si certaines de ces caractéristiques ne sont pas si appliquées de nos jours : « Ses mains saisissent le rouet » pour tisser des fils, « Elle se brode des tapis », « Elle confectionne des tissus qu’elle vend ». Quelle est la base de son caractère, qui est-elle vraiment ?

Il semblerait que la réponse à ces questions se trouve dans le midrache (yalkout chimoni à la fin de Michlé). La réponse nous est fournie par allusion. Le midrache précise que le poème « Echet ‘hayil » est rédigé suivant l’ordre alphabétique et affirme : « De la même façon que D. a donné la Torah à Israël avec vingt-deux lettres, Il loue les femmes justes avec les vingt-deux lettres ».

Ceci signifie que les filles d’Israël sont éduquées afin de devenir des femmes valeureuses dont le fonctionnement sera comme une Torah entière ! Quelle responsabilité !

Superviser le bon fonctionnement de la maison, être une femme de maison, une mère de famille, une éducatrice exemplaires avec un cœur en or : « Elle ouvre sa main au pauvre et tend le bras au nécessiteux ». Elle sait être économe, elle éduque ses enfants dans la voie de la Torah selon la tradition de nos patriarches, et elle les éduque à bien se comporter envers leurs prochains : « Elle parle avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres. Elle dirige avec vigilance la marche de sa maison, et jamais ne mange le pain de l’oisiveté ».

Un enseignement supplémentaire découle du poème « Echet ‘hayil ». La guémara (Brakhot 4b) rapporte que le psaume « Téhila lédavid » est dit trois fois par jour en raison du verset : « Tu ouvres ta main et rassasies tout vivant à volonté » qui décrit l’abondance que le Créateur nous envoie, et qu’il est rédigé selon l’ordre alphabétique. Le gaon Hamabit zatsal (Beit Alkim, chaar hatefila 15) commente qu’un poème rédigé selon l’ordre alphabétique nous enseigne que les louanges contenues dans le poème ne sont pas accidentelles. L’ordre alphabétique désigne l’ordre et le règlement. Et de ce poème nous devons comprendre que le Créateur n’envoie pas une abondance de bénédictions à la création mais Sa bonté est la base de toute la création et son fonctionnement, comme il est écrit « Un monde de bonté sera créé » (Psaumes 89-3), « Tes bienfaits rempliront la terre » (Psaumes 119-64).

C’est le même enseignement qui découle du poème « Echet ‘hayil », qui est rédigé selon l’ordre alphabétique. Les bonnes actions de la femme valeureuse, sa participation aux responsabilités de la maison et sa bonté ne sont pas accidentelles, c’est un système de valeurs élaboré et continu !

Quel est le secret de la force de la femme valeureuse ? Le poème décrit avec précision toutes ses actions mais soudain un verset nous parle de son mari et cela au verset concernant la lettre « Noune » qui en Hébreu se rapporte au mot néfila (chute). Ceci nous enseigne qu’elle ne faillit pas à sa tâche car son mari lui donne des forces, l’encourage, la soutient et lui accorde son aide !

L’assemblée d’Israël est associée à une femme et D. à son mari (Ochéa 2-18). Tout le poème de Chir hachirim est basé sur cette allusion. Car il n’y a qu’avec l’aide du Ciel que nous ne chutons pas. Avant les « Jours Redoutables » (de Roch hachana à Kippour) qui approchent, nous prions le Créateur afin qu’il nous accorde Ses bienfaits et surtout qu’il nous soutienne !

Le jugement de D. suit le principe de la réciprocité : celui qui a pitié des autres, le Ciel a pitié de lui ; celui qui pardonne aux autres, le Ciel lui pardonne ses fautes. Tout mari et père de famille se posera donc la question suivante : « Ai-je aidé mon épouse afin qu’elle réussisse à accomplir sa tâche sans faillir ? » (Extrait de Mayane Hachavoua)

Rav Moché Bénichou

Vérification des téfilines, mézouzout et de soi-même !

Certains ont l’habitude de faire vérifier leurs téfiline et mézouzot pendant le mois d’Elloul. Cependant, si les téfiline ont été écrites par un sofère de qualité, il ne sera pas nécessaire de les faire vérifier, même après plusieurs années.

Par contre, la halakha demande de faire vérifier les mézouzot au moins deux fois en sept ans.

De même qu’il est très bon de faire vérifier téfiline et mézouzot, il sera aussi recommandable, chaque nuit avant de dormir, de scruter nos actes pour s’assurer qu’ils sont agréés par Hachem.

En effet, souvent, lorsque des épreuves arrivent dans la vie, les gens demandent : « As-tu fait vérifier tes téfiline et mézouzot ? C’est sûrement à cause d’un problème dans l’écriture que cela t’arrive ». On cherche des causes extérieures sans essayer de se remettre en question. Imaginez un chauffeur qui accumule les accidents de la route. Quand on l’interroge pour savoir ce qu’il s’est passé, il répond que lui aussi ne comprend pas la cause de ses accidents. Il affirme qu’il a tout fait vérifier : les pneus, les freins, le moteur… Pour lui, ce n’est pas de sa faute, bien sûr. Jamais il ne dira que c’est lui qui conduit mal. Mais parfois, c’est la conduite qu’il faut vérifier… Ainsi en est-il pour nous : nous vérifions téfiline et mézouzot, mais il ne faut pas oublier de vérifier notre cœur et d’examiner nos actes.

Le conflit (première partie)

Jusqu’à présent vous avez appris comment améliorer une relation afin de vivre plus en harmonie, et en complicité avec votre épouse.

Voyons maintenant ensemble comment gérer un conflit pour éviter un désastre et des souffrances inutiles !

Le conflit:

Quel est le véritable défi journalier du couple pour être épanoui au jour le jour ?

La priorité et le défi au sein même du couple est très clair, préserver le Shalom. Comme nous le savons, la capacité d’évoluer, la brakha, ne peut résider que dans un ustensile spirituel appelé le Shalom. Si cet ustensile est brisé, la brakha n’a pas où résider et laisse donc place à la colère, la rancœur, l’intolérance et l’incompréhension de l’autre.

Pour réaliser ce défi, je vous donne ici un conseil qui semble indispensable.

Ne faites jamais de critique sur votre conjoint. S’il vous a fait vivre quelque chose de désagréable, ou qu’il vous a fait quelque chose que vous n’aimez pas. Ne le critiquez sous aucun prétexte, à la place dites-lui ce que vous ressentez. Ne dites rien sur lui, concentrez-vous sur votre propre mal-être et avec des mots adéquats, partagez-lui.

Sachez cependant que dans le cas où votre conjoint vous reproche quelque chose et vous l’exprime par des critiques, vos sentiments seront acceptés, si et seulement si, vous avez compris auparavant ce qu’il ressent et pourquoi il vous reproche quelque chose. Exemple : « Même quand tu es/je suis à la maison, tu as l’air absent(e) ! » Lui répondre « Excuse-moi, mais la manière dont tu me parles me fait de la peine… ». Il ne faut surtout pas répondre de manière plus maladroite et vulgaire « oh, tu me soule ! » C’est impensable !! Si votre conjoint partage avec vous ses sentiments, même si cela est fait de manière maladroite, votre rôle à vous est de le comprendre, pas de rediriger la caméra sur vous. 

La critique est la source de toute destruction dans les relations humaines personne n’aime entendre une critique, et personne n’en tire des forces. Si vous voulez vraiment que votre conjoint change de comportement, partager vos sentiments, cela marche et construit la relation.

Retrouvez les clés précédentes sur le site  www.ovdhm.com

Rav Boukobza 054.840.79.77

aaronboukobza@gmail.com

Parachat Ki Tétsé – 40 minutes de prière

Quand le mois d’Elloul est à nos portes, c’est le moment de faire Téchouva! On vous propose de vous faire partager cette histoire vraie et édifiante d’une Téchouva et on verra la force de la prière!

Il s’agit d’un jeune israélien, Ophir, complètement non religieux, sans l’ombre d’une connaissance du judaïsme… comme malheureusement beaucoup d’autres jeunes que la société israélienne produit… Celui-ci finit son armée, part aux Indes (comme beaucoup) et à un moment donné: il a un réveil pour la Thora! Il choisit de rentrer à la Yéchiva en Erets. Son niveau est complètement nul, mais comme ses aptitudes sont très grandes, en un mois et demi (!)  il finit déjà un traité du Talmud!!

Il demandera à son Maguid Chiour de venir chez lui pour participer  au Sioum de la fin de l’étude du traité. Le Rav n’est pas vraiment enthousiasmé d’aller chez l’élève car il connait déjà bien son père qui est depuis le départ COMPLETEMENT opposé à la direction nouvelle que prend son fils! Il craint ses réactions hostiles. Ophir rassurera son Rav en lui disant qu’il n’a rien à craindre, qu’il est chez lui et que tout se passera bien!

Le soir dit, le Rav arrive à la maison et voit le père assis avec une petite kippa blanche qui recouvre une tête entièrement rasée (c’est très à la mode au pays c’est dernier temps…). Mais à côté de lui siège un homme d’allure respectable avec une belle barbe blanche, un beau chapeau ; en un mot un Juif respectueux de l’être et du paraître! Ophir fait son Sioum (clôture de l’étude) et après fait un Dvar Thora de 40 minutes(!) d’un très bon niveau!! Lui qu’il y a encore un mois et demi ne savait rien ni sur le Chabbath, ni sur la Cacherout! Incroyable! Après les chants qui ont accompagné le Sioum, voilà que le beau Juif qui était assis à côté du père, se lève, encore visiblement tout ému car des larmes coulent sur ses joues…

Il dira:’ Mes parent avaient deux fils: mon frère aîné et moi-même. Mon ainé a été envoyé à la Yéchiva: c’était un vrai génie! Seulement à la Yéchiva Guédola, petit à petit il glissa vers la porte de sortie… Jusqu’à ce qu’un jour, il vienne voir mes parents en disant qu’il a décidé de tout abandonner!! De ne plus continuer sur cette voie! C’est alors qu’il abandonne tout, quitte le toit familial sans donner de nouvelles. Ma mère lira des Téhilims tous les jours pour que mon grand frère revienne à la maison. En vain. A chaque allumage des bougies du Saint Chabat je la revois encore faire 40 minutes de prières afin que notre Yankélé revienne au bercail et fasse Téchouva!

Pendant 18 années (!!) elle priera à l’allumage, et moi et mon père lui disions d’arrêter ses prières. Cependant elle continuera jusqu’à ce qu’elle soit emportée par la maladie! Dans le testament qu’elle laissera, elle demandera à mon père de continuer de prier 40 minutes à l’allumage des bougies comme elle avait l’habitude de le faire! Mon père continua 6 ans et demi jusqu’à ce que lui aussi monte au Ciel… Ni à l’enterrement de ma mère, ni à celui de mon père, notre Yankel n’est venu… Et je me suis toujours questionné sur le sens de toutes ces prières!

Jusqu’à ce qu’hier, je reçoive un coup de fil de mon frère qui me dit que son fils fait un Sioum d’une Massekhet: ça fait plus de trente ans que je n’ai pas eu de nouvelles de mon grand frère!! A mon arrivée, je parle à mon neveu Ophir et lui demande en combien de temps il a appris cette étude, il me répond « en moins de 2 mois!! » Après qu’il ait fait cette magnifique Dracha de 40 minutes… je compris que les prières de mes parents ne sont pas passées aux oubliettes!!

Avec le temps Ophir continua à grandir dans la Torah, puis se mariera avec une fille pleine de crainte du Ciel. Et le jour de la ‘Houpa, le père est venu avec un chapeau et une veste! Et petit à petit il commença à porter la kipa, puis la barbe et aujourd’hui LUI aussi est revenu à la belle maison de la Thora et des Mitsvots… Tout cela, grâce aux téfilots des parents… comme quoi il ne faut jamais désespérer!

Rav David Gold 00 972.390.943.12